Direction de la santé, des affaires sociales et de l'intégration
Service du médecin cantonal – Infolettre Usage abusif de médicaments, prescription électronique de médicaments et utilisation de cannabis à des fins médicales
Chères Consœurs, chers Confrères,

Par la présente, nous souhaitons vous informer sur les thèmes suivants :

Usage abusif de médicaments contenant de la codéine, du dextrométhorphane, de l’alprazolam ou de l’oxycodone

Prescription de médicaments

Utilisation de cannabis à des fins médicales
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Usage abusif de médicaments contenant de la codéine, du dextrométhorphane, de l’alprazolam ou de l’oxycodone
Suite à de nombreux signalements, le Service pharmaceutique cantonal et le Service du médecin cantonal souhaitent attirer votre attention sur l’usage souvent abusif de médicaments contre la toux contenant de la codéine ou du dextrométhorphane. Nous vous prions, en qualité de médecin, de faire preuve de prudence en ce qui concerne ces médicaments et de ne les prescrire qu’avec une grande réserve.
 
En outre, des institutions spécialisées dans les traitements de substitution et la prévention contre l’addiction nous ont indiqué que la consommation de Xanax® (Alprazolam) et d’Oxynorm® (Oxycodon) avait augmenté au cours des derniers mois. Ce sont tout particulièrement les adolescent·e·s et les jeunes adultes qui expriment le souhait d’utiliser ces substances dans le cadre d’un traitement de substitution.
 
La plupart du temps, ces médicaments sont consommés pour la première fois dans le cadre d’un traitement ambulatoire – initialement prévu pour une courte durée – pour le traitement de douleurs (p. ex. suite à une blessure sportive), de troubles du sommeil ou de l’anxiété.

Par la suite, ces patientes et patients tentent parfois de faire renouveler leur prescription auprès de différents cabinets. Lorsqu’ils n’arrivent plus à se procurer ces médicaments, certains se tournent vers d’autres opioïdes ou benzodiazépines, qu’ils se procurent souvent illégalement.
La thérapie de substitution qui résulte de cet usage abusif est rendue d’autant plus difficile par les effets de ces médicaments (plus rapides et de plus courte durée que ceux des substances utilisées dans le cadre des thérapies de substitution).
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Prescription de médicaments
Les ordonnances médicales sont uniquement valables si elles portent la signature manuscrite du médecin ou une signature électronique qualifiée au sens de l’article 14, alinéa 2bis du Code des obligations (voir à ce sujet l’art. 69 de l’ordonnance sur la santé publique et l’art. 51 de l’ordonnance sur les médicaments).
Les pharmaciennes et pharmaciens ne sont pas tenus d’honorer les ordonnances transmises par courriel aux patientes et patients. Celles-ci risquent aussi d’être refusées par les caisses-maladie. Par ailleurs, il se peut que les patientes et patients impriment ces ordonnances et tentent ensuite de se faire remettre à plusieurs reprises les médicaments auprès de différentes pharmacies.
Par conséquent, nous vous prions de délivrer les ordonnances originales de préférence sous forme papier à la patientèle. Si vous devez les remettre sous forme numérique, nous vous prions de ne le faire qu’après mûre réflexion et dans des situations exceptionnelles.
Vous vous assurerez par la même occasion que vos ordonnances portent votre signature ainsi que votre nom et ne puissent ainsi pas être utilisées à des fins illégales.
Dans le cas des patientes et patients atteints de maladies chroniques et qui se font prescrire régulièrement les mêmes médicaments, l’utilisation d’ordonnances numériques peut être convenue avec la pharmacie concernée.

Une ordonnance originale est obligatoire pour les substances soumises à contrôle (p. ex. benzodiazépine).

Pour de plus amples informations sur les ordonnances électroniques, veuillez vous référer à la prise de position H 010.02 relative aux ordonnances médicales, disponible sur le site Internet de l’Association des pharmaciens cantonaux :

Prise de position H 010.02 : Ordonnances médicales (en allemand uniquement)
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Utilisation de cannabis à des fins médicales
Lors de sa session du 22 juin 2022, le Conseil fédéral a fixé l’entrée en vigueur de la révision de la loi sur les stupéfiants (LPMéd) et de l’ordonnance sur le contrôle des stupéfiants (OCStup) au 1er août 2022. En conséquence de l’adaptation de la loi, l’interdiction d’utiliser du cannabis à des fins médicales a été levée. Cette substance est désormais classée comme un stupéfiant soumis à toutes les mesures de contrôle.
 
Depuis le 1er août 2022, les médecins prescripteurs sont tenus par la loi de transmettre à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) des informations sur le traitement avec des médicaments à base de cannabis via une plateforme en ligne. Les données sont relevées lors de la première prescription, puis une deuxième fois après un an et une troisième fois après deux ans (ou en cas d’interruption anticipée de la thérapie). De plus amples informations figurent dans l’aide-mémoire et sur le site Internet de l’OFSP :
 
Utilisation du cannabis à des fins médicales

Nouveau procédé pour la prescription de médicaments à base de cannabis
 
En vous remerciant de prendre note des informations ci-dessus, nous vous adressons, chères Consœurs, chers Confrères, nos salutations distinguées.
 
Barbara Grützmacher,
 
Médecin cantonale
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